Classification des dysphasies

Classification des dysphasies

Les spécialistes (thérapeutes, docteurs, chercheurs) tentent de classer les dysphasies suivant leurs caractéristiques principales. Il existe plusieurs modes de classification, celles-ci sont modifiées régulièrement.

Nous vous donnons une version que nous trouvons claire et utile, mais soyez conscient qu'aucune dysphasie ne se ressemble et qu'un enfant peut combiner plusieurs types de dysphasies.

 

Classification des différents types de dysphasie (allant du versant expressif très problématique au versant compréhensif problématique)

  • Dyspraxie verbale ou dysphasie kinesthésique afférente (Mazeau),dysphasie verbale et phonologique (Rapin) ou apraxie verbale (Van Hout). L'enfant parvient à articuler, mais pas à programmer l'articulation, le mouvement de la bouche.

    Il présente de l'hypospontanéité.

 

  • Troubles de la production phonologique

    L'enfant parle beaucoup, mais de façon incontrôlée. Les mots sont déformés, car il ne contrôle pas les sons du langage, ne sais pas lesquels choisir. Il manque de mots et est dyssyntaxique. Il présente aussi de grosses difficultés dans la chronologie du récit et dans la compréhension.

 

  • Syndrome phonologique-syntaxique (la forme de dysphasie la plus fréquente).?

    L'enfant parle peu et est peu intelligible : la phonologie est très perturbée. C'est donc l'expression qui pose problème, beaucoup moins la compréhension. Il a conscience de la syntaxe, et est donc capable de distinguer une phrase correcte grammaticalement d'une autre incorrecte. Une dysgraphie est possible.

 

  • Dysphasie réceptive (Gérard) ou agnosie auditivo-verbale (Rapin) ou syndrome de surdité verbale (Van Hout).?

    C'est une des formes les plus graves de la dysphasie. La compréhension est touchée. L'enfant ne parvient pas à accéder au sens, à la sémantique. Il est alors impossible à l'enfant de reconnaître un objet ou un lieu par le son qui le caractérise. D'où le nom de surdité verbale qui est en lien avec les sons. L'expression est développée en apparence : langage de surface.

 

  • Dysphasie mnésique (Gérard) ou trouble lexico-syntaxique (Rapin) ou dysphasie anomique (Van Hout).?

    L'enfant présente un grand manque de mot et utilise des termes génériques (truc, chose,...). Son stock lexical étant faible, on va parler de trouble du contrôle sémantique. Pour s'exprimer, l'enfant utilisera des phrases courtes sujet-verbe-complément . Sa syntaxe et son expression sont peu construites. C'est un enfant qui aura facilement des problèmes de conjugaison par exemple. Les notions d'espace et de temps sont difficilement maîtrisées. L'informativité de son discours est pauvre.

 

  • Syndrome sémantique-pragmatique

    C'est un trouble de la formulation. L'enfant possède parfois un vocabulaire riche, les structures syntaxiques sont adéquates, mais son langage véhicule peu d'information. Le vocabulaire va être utilisé de manière rigide et souvent inadapté à la situation. De plus, une phrase longue, complexe sera mal interprétée, donc problème de compréhension.